AI Act — Comprendre les règles, maîtriser les usages
Périmètre · Rôles · Lignes rouges · Haut risque · Échéances
AI Act — Comprendre les règles, maîtriser les usages
Périmètre · Rôles · Lignes rouges · Haut risque · Échéances
Repères au 28 septembre 2026, après l’Omnibus IA de juillet 2026. Qualifier l’usage avant d’en déduire les obligations.
Les 4 questions avant tout projet
Quel système ? Fonction, données, décisions ou contenus produits.
Quel usage ? Contexte, personnes concernées, conséquences.
Quel rôle ? Fournisseur, déployeur, importateur ou distributeur.
Quel régime ? Pratique interdite, haut risque, transparence ou autre usage.
Réf. : art. 3, 6 et 25.
Qui est concerné ?
Organisations publiques et privées : fournisseurs, utilisateurs sous leur autorité dans l’UE, acteurs hors UE dont les sorties sont utilisées dans l’UE, importateurs, distributeurs et certains fabricants.
Hors champ notamment. Usage strictement personnel, finalités exclusivement militaires, de défense ou de sécurité nationale, certaines activités de R&D. Les essais en conditions réelles ne sont pas exclus.
L’AI Act ne remplace pas les obligations en données personnelles, protection des consommateurs ou sécurité des produits.
Maîtrise de l’IA — art. 4 modifié en juillet 2026. Fournisseurs et déployeurs assurent des compétences adaptées aux usages, selon les connaissances et les personnes affectées. Les modalités de formation sont des bonnes pratiques, pas une liste d’obligations.
Réf. : art. 2 et 4.
Votre rôle détermine vos obligations
Développe ou fait développer un système et le commercialise ou le met en service sous son nom, y compris pour son propre usage.
Utilise un système d'IA sous son autorité dans le cadre de son activité professionnelle.
Acteur établi dans l'UE qui met sur le marché un système d'IA portant le nom ou la marque d'un fournisseur établi hors UE.
Met un système à disposition sur le marché européen dans la chaîne de distribution.
Changement de rôle. Pas seulement en cas de modification substantielle : dans les conditions de l’article 25, aussi en cas de changement de destination ou de mise sur le marché sous son nom ou sa marque. Acheter une solution ne transfère pas toutes les responsabilités à l’éditeur.
Réf. : art. 3 et 25.
Les régimes à distinguer
Mise sur le marché, mise en service ou utilisation interdite selon les cas.
Exigences renforcées de conception, de conformité et d’exploitation.
Informer de l'interaction avec une IA ou signaler certains contenus artificiels.
Pas d'exigences « haut risque » du seul fait d'utiliser de l'IA.
Les régimes ne s’excluent pas toujours : la transparence peut s’ajouter au haut risque. Fournisseur et déployeur n’ont pas les mêmes obligations. Les modèles d’IA à usage général relèvent d’obligations spécifiques.
Transparence — qui doit informer ou marquer ?
- Interaction directe. Le fournisseur conçoit le système pour permettre d’informer la personne qu’elle interagit avec une IA, sauf exceptions.
- Contenus générés ou manipulés. Le fournisseur assure un marquage lisible par machine et la détectabilité, sous réserve des exceptions.
- Deepfakes. Le déployeur révèle le caractère artificiel ou manipulé. Modalités adaptées pour certaines œuvres.
- Textes d’intérêt public. Le déployeur signale certaines publications destinées à informer le public sur un sujet d’intérêt public, lorsqu’elles sont générées ou manipulées par IA. Exception encadrée, notamment en cas de contrôle humain ou éditorial, avec une responsabilité éditoriale identifiée.
- Émotions et catégorisation biométrique autorisées. Le déployeur informe les personnes exposées.
À retenir. Marquage technique et information visible du public sont deux obligations différentes. Information claire et accessible, au plus tard dès la première interaction ou exposition.
Réf. : art. 50. Lignes directrices de la Commission du 20 juillet 2026.
Haut risque — les usages à examiner
Systèmes intégrés à certains produits réglementés ou constituant leurs composants de sécurité, soumis aux conditions de l’article 6.
Usages énumérés. La qualification dépend de l’usage, pas du seul secteur.
- Biométrie. Identification à distance, certaines catégorisations, reconnaissance des émotions autorisée.
- Infrastructures critiques. Composants de sécurité des infrastructures numériques, des transports et des réseaux essentiels.
- Éducation. Admission, évaluation des apprentissages, surveillance des examens.
- Emploi. Tri de candidatures, évaluation, promotion ou licenciement.
- Services essentiels. Solvabilité des personnes physiques, assurance vie et santé, prestations publiques, triage d'urgence.
- Activités répressives. Certains outils d'évaluation des preuves ou de profilage.
- Migration et frontières. Certains outils d'examen des demandes ou d'évaluation des risques.
- Justice et démocratie. Aide à la décision judiciaire, certains usages influençant les élections.
Exception encadrée. Certaines tâches limitées ou préparatoires peuvent être exemptées sous conditions, en l’absence de risque significatif. La qualification doit être documentée. Cette exception ne s’applique pas au profilage de personnes dans les usages de l’annexe III.
Réf. : art. 6 et annexe III.
Exigences et obligations du fournisseur
- 1Gestion des risques sur le cycle de vie.
- 2Qualité et gouvernance des données.
- 3Documentation technique.
- 4Journalisation et traçabilité.
- 5Informations permettant un usage approprié.
- 6Contrôle humain effectif.
- 7Exactitude, robustesse et cybersécurité.
Aussi : management de la qualité, évaluation de conformité, déclaration UE, marquage CE, enregistrement lorsque requis et mesures correctives.
Après la mise sur le marché : surveillance du système et notification des incidents graves.
Réf. : art. 8 à 17, 43 à 49, 72 et 73.
Obligations du déployeur
Selon les cas et le régime applicable.
- Utiliser le système conformément aux instructions.
- Confier le contrôle humain à des personnes disposant des compétences, de la formation, de l’autorité et du soutien nécessaires.
- Vérifier la pertinence et la représentativité suffisante des données d’entrée lorsqu’il les maîtrise.
- Surveiller le fonctionnement et suspendre l’usage en présence du risque visé par le règlement.
- Alerter immédiatement le fournisseur, puis les autres acteurs et autorités concernés, en cas d’incident grave.
- Conserver les journaux sous son contrôle au moins six mois, sauf disposition contraire.
- Informer les représentants des travailleurs et les salariés concernés avant un usage sur le lieu de travail.
- Informer les personnes concernées lorsqu’un système de l’annexe III prend ou assiste une décision les concernant.
Analyse d’impact sur les droits fondamentaux. L’article 27 définit les catégories de déployeurs et de systèmes concernés, avec des exceptions. Elle s’articule avec l’AIPD et ne vise pas tout déployeur d’un système à haut risque.
Droit à l’explication — sous conditions. Art. 86 : expliquer le rôle de l’IA et les principaux éléments de la décision. Ce n’est pas un droit général à l’explication de toute sortie d’IA.
Réf. : art. 26, 27 et 86.
Modèles d’IA à usage général (GPAI)
Le fournisseur tient une documentation technique à jour, transmet les informations utiles aux intégrateurs, met en place une politique de respect du droit d’auteur et publie un résumé suffisamment détaillé du contenu utilisé pour l’entraînement.
L’open source n’est pas une exemption générale. En cas de risque systémique : tests adversariaux, réduction des risques, notification des incidents graves et cybersécurité du modèle.
Réf. : art. 53 et 55.
Pratiques interdites — les lignes rouges
- Manipulation ou tromperie altérant substantiellement la capacité à prendre une décision éclairée et causant ou risquant de causer un préjudice important.
- Exploitation de vulnérabilités liées à l’âge, au handicap ou à la situation socio-économique, altérant substantiellement le comportement et causant ou risquant de causer un préjudice important.
- Notation sociale entraînant des traitements défavorables hors du contexte de collecte, ou injustifiés ou disproportionnés.
- Prédiction individuelle d’infractions fondée uniquement sur le profilage ou les traits de personnalité.
- Collecte non ciblée d’images faciales sur internet ou par vidéosurveillance pour constituer des bases de reconnaissance.
- Inférence des émotions au travail ou dans l’enseignement, sauf raisons médicales ou de sécurité.
- Catégorisation biométrique permettant de déduire certaines caractéristiques sensibles.
- Identification biométrique à distance en temps réel dans l’espace public à des fins répressives, sauf exceptions strictes.
Sous réserve des conditions et exceptions prévues à l’article 5. Le biométrique et l’analyse comportementale ne sont pas interdits en bloc.
Réf. : art. 5.
Contrôles et sanctions
Autorités nationales et Bureau européen de l’IA, selon les compétences.
Opérateurs — plafonds des amendes administratives
Pratiques interdites
Certaines autres obligations, dont la transparence
Informations inexactes, incomplètes ou trompeuses fournies en réponse à une demande aux autorités ou organismes notifiés
Pourcentages sur le chiffre d’affaires mondial de l’exercice précédent. Plafond le plus élevé. Règles spécifiques pour les PME et, pour certaines infractions, les petites entreprises à moyenne capitalisation.
Régime distinct — fournisseurs de modèles d’IA à usage général. Sanctions propres, pouvant atteindre 15 M€ ou 3 % du chiffre d’affaires annuel mondial, le plus élevé étant retenu. Ce n’est pas le barème des opérateurs.
Réf. : art. 99 modifié et art. 101.
Calendrier actualisé
Premières interdictions et maîtrise de l’IA.
Gouvernance et GPAI, sous réserve des dispositions transitoires.
Application générale, dont la transparence, avec exceptions.
Interdictions sur contenus sexuels non consentis et abus sexuels sur mineurs ; marquage technique pour certains systèmes déjà commercialisés.
GPAI commercialisés avant le 2 août 2025. Art. 111, § 3.
Principales obligations des systèmes d’IA à haut risque de l’annexe III.
Principales obligations des systèmes à haut risque liés aux produits de l’annexe I.
Vigilance. Le report du haut risque n’est pas un report général de l’AI Act.
Sources : Commission européenne, 3 août 2026 ; FAQ transparence du 24 juillet 2026.
Règle de travail
Pour chaque usage, pouvoir expliquer ce que fait le système, qui en répond, quels risques subsistent et comment ils sont maîtrisés, et comment intervenir.